septembre 28, 2021

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Médiateurs naturels de bonnes relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan – EURACTIV.fr

Jérôme Lambert soutient qu’il est du devoir de la France d’agir en tant que médiateur entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Jérôme Lambert est membre de l’Assemblée nationale française et des sessions parlementaires du Conseil de l’Europe et de l’OTAN.

Le Premier ministre Nikolai Pashinyan est revenu au pouvoir avec une majorité significative lors des récentes élections générales en Arménie. Naturellement une voix modérée et pragmatique, Pashinyan a dû renoncer à ses propres «ultras» dans le passé, la seule vision pour sa nation était la solitude et les griefs éternels contre la Turquie. L’Arménie est maintenant à la croisée des chemins. Poursuivra-t-il l’agenda historique autodestructeur de l’isolement régional ou s’engagera-t-il sur la voie de la paix et de la réconciliation ?

Sur cette question, la France a une obligation importante. Pendant près de trois décennies, la France a occupé l’un des trois coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE, avec la Russie et les États-Unis, accusé d’avoir pacifié l’occupation militaire arménienne du Karabakh, une partie importante de l’Azerbaïdjan. La défaite diplomatique du groupe a été un facteur dans la guerre de l’année dernière entre les deux voisins sur la restauration de la souveraineté de l’Azerbaïdjan. Mais une paix durable n’est pas encore résolue et la France a désormais une chance d’agir.

L’enjeu n’est pas seulement l’avenir du Caucase du Sud, mais aussi la réputation internationale de la France en tant qu’« honnête courtier ». Ces dernières années et ces derniers mois, la pression d’un lobby arménien de l’immigration bien organisé en France a peut-être affaibli la capacité de mon pays à jouer le rôle d’un médiateur impartial. Pendant ce temps, les États-Unis ont poursuivi un programme neutre et équilibré – un mois reconnaissant officiellement le génocide arménien, et le mois suivant l’héritage tragique de l’occupation du Karabakh en Arménie.

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La France devrait essayer de rééquilibrer sa propre approche de la région. Ce faisant, elle dispose d’un atout majeur : son soutien indéfectible à l’Arménie lui a donné une certaine force à Erevan, et c’est la devise étrangère que la France doit désormais utiliser. Les Français ont une longue et amère expérience des conflits avec leurs voisins, mais ils savent aussi que la coopération économique et la prospérité partagée peuvent surmonter même les chapitres les plus choquants de l’histoire. Promouvoir et soutenir la coopération économique transfrontalière doit désormais être une priorité de la politique de la France dans le Caucase du Sud.

Pour l’instant, l’économie arménienne est paralysée. Trois de ses quatre frontières internationales avec la Turquie, l’Azerbaïdjan et même sa nation chrétienne géorgienne ont été fermées au commerce. Le quatrième – avec l’Iran – est ouvert. Au nord, l’Arménie s’appuie fortement sur la Russie, dont les intérêts sont vulnérables et dépendants de l’Arménie. Le moment est venu de normaliser le Caucase du Sud, de rouvrir les frontières et de rétablir les principales liaisons de transport.

Au-delà de l’importante question de la réputation diplomatique de la France, des intérêts économiques français directs sont en jeu. Le Caucase du Sud, longtemps en proie au problème du Karabakh, peut désormais progresser. L’opportunité d’investir dans la région – le territoire catastrophique du Karabakh – est énorme, la puissante économie de l’Azerbaïdjan rétablissant des infrastructures vitales pour permettre à 1 million de réfugiés nationaux de retourner dans leur pays d’origine. Mines, agriculture, énergie verte, transports, tourisme : ce ne sont là que quelques-uns des nombreux secteurs qui accueillent actuellement les investissements internationaux. La France peut restaurer sa crédibilité en tant que médiateur indépendant, contribuer à préserver la base économique d’une paix durable et renforcer davantage les intérêts commerciaux des entreprises françaises dans la région.

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Jusqu’à présent, l’Arménie a envoyé des signaux négatifs ou plutôt ambigus à ses voisins. Il est dans l’intérêt de la France de sortir l’Arménie de l’isolement. La clé pour libérer le potentiel de la région se trouve à Erevan, et Erevan demande à Paris. Par ses canaux politiques, diplomatiques et économiques, il est temps pour Paris de faire entendre sa voix.