Roberto Martinez réussit-il là, où Didier Deschamps échoue ?

mardi 10 octobre 2017 / 10h45 /


Roberto Martinez réussit-il là, où Didier Deschamps échoue ? 0

L'Equipe de France va disputer son dernier match contre la Biélorussie, pour se qualifier directement à la coupe du monde 2018 en Russie. 5 ans après l'arrivée de Didier Deschamps, les bleus sont toujours en plein chantier et nous ne savons pas qui sont les leaders de cette équipe et quelle est l'empreinte du sélectionneur  dans son groupe. 


La France joue contre la Biélorussie ce soir et devrait se qualifier directement au mondial 2018 en Russie, mais est-ce suffisant et doit-on se contenter de ce qui nous est offert sur le terrain ?

Biensûr que non, lorsque nous voyons le jeu pratiqué par d'autres équipes comme l'Espagne, l'Allemagne, le Brésil, la Belgique, le Mexique, le Chili, la Suisse, voire même la Pologne.

Le sélectionneur de l'Equipe de France jouit d'une immunité auprès des supporters et des médias, qu'aucun autre de ses prédécesseurs n'a bénéficié même à 20%. Didier Deschamps est assimilé à la fameuse "culture de la gagne", mais n'est ce pas une vision tronquée que nous avons ? DD a tout gagné en tant que joueur, mais ses résultats en tant que coach sont bien moins évidents. Au-delà des résultats, nous n'arrivons surtout pas à comprendre la vision du jeu de notre sélectionneur, hormis il faut être solide et ne pas prendre de buts. DD a été formé à l'école nantaise et du beau football en mouvement, mais a surtout gagné des titres à la Juventus, lors de la période du Catenaccio dans les années 90. Ce système de jeu a été très utilisé par les clubs et la sélection italienne dans les années 90, pendant une période où ils se sentaient inférieurs techniquement aux adversaires. Ce type de football est basé sur une équipe solide qui prend très peu de buts, en fermant tous les espaces et réussit à preserver une maigre avance. Souvent les matchs se terminent par 1-0 ou 2-1, avec ce type de système.

Pour gagner avec ce type de football, il vous faut des joueurs de football d'expérience, accompagné d'une "roublardise" et d'une force mentale à toute épreuve, car ils sont mis sur le reculoir et dans une forme de soumission face à l'adversaire. Le Portugal en était le meilleur exemple à l'Euro 2016 en France, avec des joueurs d'expérience dans toutes les lignes (défense avec Pepe, milieu avec Moutinho, attaque avec Nani et Ronaldo). 

Or, notre Equipe de France ne possède pas des joueurs de ce type et encore moins la force mentale. Nous avons constaté que le Bleus perdent pieds assez rapidement dans ce système. Le match contre la Bulgarie est un bon exemple, où les français n'arrivaient plus à aligner 2 ou 3 passes de suite, lorsqu'il fallait préserver le score car ils sont mis sous pression. Les Bleus ont réussi à maintenir le résultat parce qu'en face il n'y avait rien, avec une Bulgarie d'une faiblesse technique et collective affligeante. Contre une équipe avec quelques bons joueurs, la France perd le match et surtout la confiance qui l'accompagne. 

Le jeu pratiqué par Deschamps est il compatible avec les joueurs dans son effectif ? Evidemment que non, puisque dans cette équipe il n'y a pas vraiment de joueurs comme les italiens dans les années 90, mais plutôt de jeunes joueurs que l'on qualifie de "potentiel" et "d'espoir".  

Je voulais d'ailleurs aborder ces sujets, car je commence à véritablement être irrité par tout ce qui peut être raconté sur l'Equipe de France. Est-ce le moment de dire tout cela, alors que les Bleus ne sont pas encore qualifiés, est-ce irresponsable ? J'ai attendu 5 ans avec l'espoir que les choses changent et qu'enfin, le sélectionneur lâche les chevaux pour voir ce que nos joueurs ont dans le ventre. Malgré de nouveaux joueurs de qualité, qui savent jouer au football, j'ai l'impression que la France va peut être passer à côté d'une génération qui pourrait nous faire vibrer et nous offrir un beau spectacle, car oui le football est avant tout un spectacle qui ne peut être opposé aux résultats.
 

Espoir, Potentiel, Résultats

Depuis la génération France 98, nous entendons principalement 3 termes lorsqu'on évoque l'Equipe de France de football.

Le premier terme est "Espoir", ce  énième nouveau jeune joueur sur qui, la France fonde tous les espoirs. Nous sommes constamment à la recherche du nouveau Platini, du nouveau Zidane, du nouveau Thierry Henry. D'ailleurs ce dernier a été très vite comparé, avec Kylian Mbappé que l'on appelle le nouveau Titi Henry. Certains journalistes ou médias se montrent dithyrambiques, dès qu'un jeune joueur français réussit 2 bons matchs ... Camel Meriem, Yoann Gourcuff et Marvin Martin ont été qualifiés de nouveau Zidane après avoir accompli quelques bons matchs et puis le vide total... On passe les Samir Nasir, Hatem Ben Arfa, Jérémy Menez, Le Tallec (Liverpool), Brechet, Cristanval (parti au Barça), Faubert (Real Madrid), Ibrahim Ba (Milan AC). Nous pourrions citer une bonne cinquantaine de joueurs qui devaient conquérir l'Europe. 

L'autre terme est le "Potentiel" que l'on entend à propos de nombreux joueurs français. Ce mot est parfaitement associé à espoir, car ce fameux jeune joueur à potentiel, nous permet de garder l'espoir. Ce terme est plutôt approprié aux joueurs de l'Equipe de France espoir, qui ne gagne rien depuis des années. La France de Deschamps ne peut être une équipe d'espoirs, mais de joueurs confirmés qui offrent des certitudes. Aucune grande nation du football ne peut baser sa réussite sur une équipe à potentiel, mais plutôt sur une équipe de Leaders et joueurs moteurs, qui vont faciliter l'intégration des jeunes. Aujourd'hui, la France compte sur un joueur à potentiel, Kylian Mbappé, pour entretenir l'espoir d'un beau futur. Or, il faut constater qu'aucun véritable Leader ne se détache dans ce groupe. Après la défaite en Suède, le joueur français venu parler aux journalistes, est Kylian Mbappé avec ses 2 ou 3 sélections au compteur. Cela montre bien, que le Leader qui doit assumer et venir faire face aux médias, après un match catastrophique n'existe pas. Le match en Bulgarie a également mis en lumière ce manque de leadership et de maîtrise collective, lorsque la France menait 1-0 est s'est progressivement liquéfiée, pour finalement ne pas arriver à réussir 2 ou 3 passes de suite, durant toute la seconde période. 

Enfin les "Résultats". Didier Deschamps nous explique constamment que les résultats justifient la finalité. Après de longues années de néant depuis 2006, le sélectionneur français arrive à placer la France en 1/4 de Finale de la coupe du monde 2014 et en Finale de l'Euro 2016. Ce sont des résultats en trompe l'oeil car au mondial 2014, la France se fait éliminer par l'Allemagne qui était la seule véritable équipe, de premier plan, affrontée par les Bleus. A l'Euro 2016, Didier Deschamps réussit peut être l'exploit le plus signifactif, en éliminant l'Allemagne en 1/2 Finale. Je parle bien d'exploit, voire d'hold up, tant l'Allemagne a dominé le match dans lequel tout a souri à la France. Bon nous n'allons pas bouder notre plaisir, la France est en Finale mais se prend les pieds dans le tapis face au Portugal, qui est venu à l'Euro 2016 pour gagner, quelque soit la manière. Didier Deschamps a montré qu'il n'avait pas de plan B, contre une équipe qui pratique le même football fermé que lui. Le paradoxe a voulu qu'il perde contre une équipe, avec un sélectionneur portugais qui avait opté pour la même stratégie que lui. En France, nous avons crié au scandale sur le jeu portugais et leur victoire, alors que nos Bleus n'étaient pas plus brillants dans le jeu.
Malgré tout, cette Finale donne de la légitimité au discours du sélectionneur français, qui explique que seul le résultat compte. Avec cette logique, l'Equipe de France est dans l'obligation de gagner une compétition, si elle veut laisser une trace auprès des supporters qui vivent peu d'émotions avec ce jeu. 


Hormis Lyon, pas de club français de référence

France 98 s'est construit sur la base de clubs français forts avec Marseille, le PSG, Monaco et Bordeaux, dans lesquels les joueurs français évoluaient. Par la suite, ces joueurs ont quitté la France pour jouer dans les meilleurs clubs européens et ont permis aux Bleus de réaliser un magnifique Euro 2000.

L'Olympique Lyonnais est parfois critiqué, mais il reste le seul club français, avec une équipe composée principalement de joueurs français, qui pratiquent un jeu attractif et basé sur la possession du ballon. Malheureusement, le football Business ne permet plus à l'OL de conserver ou recruter les meilleurs joueurs français, et le club rhodanien n'est plus vraiment le club pourvoyeur chez les Bleus. Paradoxalement, le contingent de joueurs en Equipe de France ne provient pas de Lyon, car ils ne correspondent pas à la vision du football de notre sélectionneur. Alexandre Lacazette est le parfait exemple, où le meilleur buteur français en activité peine à s'intégrer dans le système Deschamps, et ne sera jamais le premier choix du sélectionneur. 

Quel gâchis, la meilleure école française de football ne fournit pas les joueurs en Equipe de France !


Dans les coulisses de notre vision du football !

La France compte plus de 2 millions de licenciés au football et possède un vivier de jeunes footballeurs très diversifié. Je coache une équipe U13 dans un des plus grands clubs français en préformation, c'est à dire U13, U14 et U15. A cet âge, les agents et les clubs professionnels s'intéressent déjà à ces jeunes. J'arrive à me rendre compte rapidement du niveau des joueurs, leur fameux potentiel et surtout le QI football de chacun, au travers de jeux spécifiques. Nous avons des joueurs d'origines différentes, de niveaux très différents, de caractères différents, mais surtout de physiques différents. Et oui, ce fameux physique que notre sélectionneur adore et privilégie. Pour ces jeunes, leur carrière débute déjà à cet âge et notamment avec les journées de détection, pour intégrer l'INF Clairefontaine, le Graal pour les franciliens. Lors de ces journées, il suffit d'ouvrir les oreilles et d'observer les éducateurs qui notent les jeunes de 12 ans. Ils utilisent les mêmes termes que pour nos joueurs en Equipe de France A (potentiel, espoir, physique, coure vite, grand, fait la différence seul ...). A aucun moment, il est évoqué le jeu sans ballon, la vision du jeu, le déplacement sur le terrain, la prise du ballon et le rendre proprement, le jeu simple en une touche de balle ... A cet âge, il y a une forte différence physique, entre les enfants qui ont poussés plus rapidement que les autres, et sur de simples courses arrivent à faire des différences par rapport aux autres. Ces joueurs plutôt physiques sont souvent de moins bons footballeurs que les plus petits, qui doivent eux réfléchir ou avoir une technique plus développée. Les éducateurs vont donc faire passer les Tours d'entrée à l'INF à ces joueurs physiques, car ils ont vu en eux des jeunes, qui courent vite et qui possèdent déjà des frappes de balles d'adultes pour certains, même s'ils ratent le but la plupart du temps. Lors de ces tests, il n'est même pas organisé des jeux pour se rendre compte du QI football des jeunes, qui sont plutôt lâchés sur le terrain en laissant la place aux plus costauds. Pire, les plus physiques essaient de faire la différence seul, en ne donnant pas le ballon à leurs coéquipiers et naturellement les plus doués avec le ballon ne peuvent pas s'exprimer et montrer leurs qualités collectives.

Il y a aussi les coachs de certains clubs, qui font tout pour faire passer des Tours à certains de leurs joueurs, avec la complicité de ceux qui notent les jeunes pour entrer à l'INF Clairefontaine. Ainsi ces coachs veulent démontrer à leurs clubs, qu'ils travaillent bien puisque leurs joueurs passent des Tours. Heureusement, cela n'est pas du tout pratiqué par la plupart des clubs amateurs, ainsi que celui dans lequel je coache les jeunes. 

Les plus techniques et ceux qui ont une lecture de jeu au-dessus des autres sont tout simplement recalés et voire même très peu considérés. Très souvent les plus doués sont dégoûtés du football en France et arrêtent leur passion, pour se consacrer aux études. Certains arrivent tout de même à conserver une forme de motivation, car ils sont bien encadrés et rejoignent des centres de formation à l'étranger. Antoine Griezmann est le meilleur exemple, d'un jeune joueur technique et au-dessus des autres sur le plan du QI football, mais à qui les portes du football professionnel en France se sont toutes fermées. Si Griezmann n'avait pas eu un entourage et un conseiller qui l'avaient pris en charge, pour le faire intégrer le centre de formation de la Real Sociedad, l'attaquant français aurait certainement exercé un autre métier que le football.

Aujourd'hui, il n'est quasiment plus possible de voir émerger en France un Platini, un Zidane, un Giresse ou un Genghini, car notre football n'en veut pas. Un joueur doué techniquement et présentant une intelligence de jeu au-desssus de la moyenne ne suffit pas, s'il ne coure pas aussi vite qu'Usain Bolt. Alors, chères supportrices et supporters français, il ne faut plus rêver ... vous ne verrez plus ce type de joueur, tant que notre football ne se réformera pas. Lorsqu'on vous parle du nouveau Zidane ou consort, c'est simplement pour faire illusion et vous faire rêver.

Les joueurs techniques subissent même une certaine discrimination, au profit d'autres styles de joueurs, je peux vous en parler concrêtement pour l'avoir connu personnellement et c'était il y a plus de 20 ans. Combien de joueurs doués techniquement, j'ai vu passé à côté d'une belle carrière, car leur jeu est souvent incompris et ne s'intègre plus à notre vision du football. Par miracle, lorsque certains d'entre eux arrivent à se trouver un club à l'étranger, ils deviennent quasiment les pièces maîtresses de ces clubs, mais ces cas restent encore très rare car il leur faut déjà décrocher leur premier contrat pro en France.

Le plus inquiétant dans cette politique de l'individualisation du footballeur, est qu'il se retourne souvent contre nous. Ces footballeurs que l'on "idolâtre" depuis leur plus jeune âge, car ils doivent faire la différence seule, n'ont pas du tout la notion du collectif et d'appartenance à un club. C'est principalement, l'une des raisons pour laquelle ces joueurs n'hésitent pas à mettre le bazar dans leur équipe, lorsqu'ils veulent partir pour un autre club qui leur propose des salaires plus importants. L'Olympique Lyonnais ne connaît pas véritablement ce type de cas avec ses joueurs, car ils travaillent sur le collectif avec un fort esprit de club. Nous aurions pu avoir des mauvais comportements, notamment d'Alexandre Lacazette pour partir, mais il a toujours fait passer les intérêts du club en premier et a été transféré lorsque le président de l'OL l'a décidé.


Notre Equipe de France est le reflêt de notre politique

Heureusement, il y a encore des clubs professionnels français qui réalisent un formidable travail, comme l'Olympique Lyonnais qui base sa réussite sur le football et non sur le physique seulement, même s'il est impossible de n'avoir que des joueurs doués techniquement dans une équipe.

Globalement, notre football produit du joueur physique capable de reproduire des courses sur toute la durée d'un match ou gagner des duels face aux joueurs créatifs. Parfait, ce sont des joueurs qu'affectionnent particulièrement Deschamps, pour faire déjouer l'adversaire. De ce côté, il n'a que l'embarras du choix.

Vous connaissez certainement l'adage "Lorsqu'on n'a pas de tête, il faut avoir des jambes!".

Nous avons pléthores de défenseurs centraux costauds, fort sur l'homme, ainsi que de milieux défensifs type Desailly, même si ce dernier savait parfaitement faire marcher sa tête lorsqu'il évoluait sur le terrain. 

Nous avons quelques bons milieux relayeurs, mais ça reste également basé sur le physique et la capacité à gagner des duels dans l'entrejeu, pour subtiliser le ballon à l'adversaire. Vous vous rendez compte, à l'époque de la France qui pratiquait un magnifique football, le milieu relayeur était Alain Giresse ou Genghini, soit tout petit ou frêle. Aujourd'hui, nous avons Pogba, Rabiot ou Tolisso, moins à l'aise techniquement mais bien plus costaud.

La France a toujours eu de bons ailiers qui vont vite, capable de déborder et centrer, mais faut il encore avoir un buteur. Et oui, comme je le disais plus haut, nous nous intéressons aux jeunes physiques qui vont vite, mais oublions qu'il faut finir les actions ... et là ...

"Ah oui, grand-physique-puissant ne rime pas avec adroit ? ...
Effectivement, une étape a été oubliée dans le processus de formation ou de détection, il faut effectivement inscrire des buts pour gagner des matchs ! ...
Oui mais, si je n'inscris qu'un but et que je n'en prends pas, je gagne mes matchs non ? ...
Ah oui ça marche, allez ! Appelez nous Deschamps et vite ! ...
... Mais je suis là, vous avez besoin de moi ? Ma tactique est prête et vous allez voir, je vais exploiter le moindre gramme de notre formation !"

Depuis Just Fontaine, la France ne produit pas d'avant centre de Top classe mondiale. Nous avons bien eu des Lacombe, Rocheteau ou Stopyra, mais ce sont des "numéro 9" de second plan. Alexandre Lacazette est le meilleur buteur français en activité et il est important de construire une équipe autour de lui, car c'est ce type de joueur qui permettra de faire la différence dans les grands matchs. Dans le cas contraire, la France doit jouer sans avant centre, comme l'ont fait l'Espagne ou l'Allemagne à une période, ce qui ne leur a pas empêché de remporter des trophées. Kylian Mbappé est peut être une lueur d'espoir, mais doit encore progresser car il n'a encore rien démontré dans la durée.

La France n'a pas de milieu de terrain créatif et capable de donner l'avant dernier ou le dernier ballon à l'attaquant, comme pouvait le faire Platini ou Zidane. Les latéraux sont devenus des pièces maîtresses dans le football moderne, et là également nous n'avons que Djibril Sidibé à droite et Benjamin Mendy à gauche. Si l'un d'eux se blesse, la France s'affaiblit fortement.

Vous avez dit belle équipe  avec du potentiel ? 

Oui, nous avons bien des jeunes de qualité qui peuvent laisser entrevoir de bonnes choses, mais pour l'instant ils n'ont pas montré qu'ils étaient de la trempe de France 84 ou 98. 

Nous avons surtout des joueurs qui sont choisis, dès leur plus jeune âge, pour leurs qualités athlétiques ou individuelles et non collectives. Il reste encore à vérifier si ces individualités peuvent former un grand collectif, car ils n'ont pas vraiment été formés à cela. On nous bassine avec "ils jouent dans les meilleurs clubs d'Europe" "ils sont bons avec leur équipe de club". Il faut comprendre qu'en club, l'individualité française va s'intégrer dans un collectif rodé et huilé, ce qui est plus facile qu'une somme d'individualités qui ne possède pas la culture d'un jeu collectif.

Ces individualités françaises jouent dans des clubs différents avec des systèmes parfois opposés, ce qui ne permet pas au sélectionneur de se baser sur un travail acquis en club. Alors il faut baisser les bras, ou alors mettre en place un sélectionneur qui sera dans la continuité de notre politique du football ?

Et bien non, l'exemple de la Belgique donne de l'espoir et surtout montre qu'un sélectionneur peut mettre en place un jeu collectif, en se substituant au travail des clubs. 


Roberto Martinez et Didier Deschamps, même combat ?

La Belgique possède une génération dorée depuis 2 ou 3 ans, avec une somme d'individualités encore plus importante que la France. Les diables rouges comptent dans leur sélection des joueurs comme De Bruyne, Mertens, Lukaku, Batshuayi, Hazard, Fellaini, Meunier, Witsel, Nainggolan, Carrasco, Mirallas, Tielemans, ..., ce qui fait de la Belgique quasiment l'équipe avec l'un des meilleurs effectifs de tous les pays. Si la France a des joueurs talentueux, alors que devrait dire la Belgique ?

Avec Marc Wilmots, cette équipe belge perd en 1/4 de Finale de l'Euro 2016 contre le Pays de Galles, alors qu'elle était programmée pour gagner la compétition. Le sélectionneur belge n'a donné aucun style aux diables rouges, qui se reposaient essentiellement sur ses individualités et dès la première véritable confrontation s'est pris les pieds dans le tapis. Cette équipe belge gagnait ses matchs, mais ronronnait à chaque rencontre, où l'on voyait bien que le collectif n'était pas rodé et pouvait être défaillant à tout moment. Marc Wilmots n'a pas su donner une âme collective aux qualités individuelles de ses joueurs, qui peinaient face à des adversaires dont le collectif était en place. La Fédération de Football Belge décide alors de changer de sélectionneur après l'Euro 2016, en recrutant Roberto Martinez avec comme adjoint Thierry Henry. Et oui, l'une de nos gloires du football Français rejoint la sélection belge et est quasiment boudé par la Fédération française. En effet, Titi Henry a une vision du football moderne et a énormément appris en Angleterre, en Italie et en Espagne, où il a pu confronter différentes façons de penser le football. Notre Titi national est quasiment incompatible, avec la vision du football en France et ne sera malheureusement jamais à la tête d'une sélection française, tant que le président actuel de la Fédération sera en poste. La France va se qualifier ce soir et Didier Deschamps sera prolongé jusqu'en 2020. Oui oui, le président de la FFF a affirmé que DD sera prolongé, si la France se qualifie pour le mondial 2018 en Russie. C'est à dire, si la France se fait éliminer du mondial russe dès le premier tour, le président de la FFF considère que son sélectionneur aura réalisé un excellent mondial ... n'est-ce pas pas légèrement incompatible avec tous les superlatifs que l'on utilise pour cette Equipe de France, où l'on parle de talents et de grande équipe ?

Pour en revenir à Roberto Martinez et Thierry Henry, ils ont littéralement transformé la sélection belge après 12 mois seulement, pour avoir des certitudes à l'approche du mondial en Russie. La Belgique possède un fond de jeu et ne ronronne plus comme avec Wilmots, en domineant son football quelque soit l'adversaire. Le collectif est en place et les diables rouges ont terminé en tête de leur groupe, avec l'une des meilleures attaques en Europe. La défense est solide et encaisse peu de buts, car il y a une totale maîtrise au milieu du terrain. La Belgique de Martinez et Henry devra encore confirmer tout ce travail au mondial russe, mais elle se présentera avec des bases solides et des certitudes, quant au football que l'équipe doit pratiquer et avec quels joueurs. Cette exemple belge montre que le sélectionneur joue un rôle prépondérant et que sa vision doit être adaptée aux joueurs dans l'effectif, sinon le dicton "donner de la confiture aux cochons" s'applique parfaitement dans ce cas de figure. Sans offenser mes amis bretons et ils sont nombreux, mais en matière de "cochons", ils s'y connaissent ! 

5 ans après sa prise de fonction de sélectionneur, Didier Deschamps est en perpétuel chantier et n'a que très peu de certitudes sur son équipe et le jeu pratiqué. La seule chose que nous savons, il est parfaitement capable de faire déjouer de très bonnes équipes, en mettant en place un jeu ultra défensif avec des joueurs physiques. Il l'a montré contre l'Allemagne en 1/2 Finale de l'Euro 2016, même s'il a été béni des dieux ce soir là, avec des faits de jeu complètement à l'avantage des Bleus. 

Mais gagne t'on aujourd'hui une Coupe du Monde avec ce principe basic du Catenaccio des années 90 ?

Je n'y crois pas un instant et l'exemple, de la Belgique ou du Brésil de Tite, est plutôt la meilleure voie à suivre dans le football moderne. 

Malgré tout, je reste supporter de l'Equipe de France et ALLEZ LES BLEUS !


Rédigé par ZT // Socio Football


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